{"id":6019,"date":"2020-09-21T10:04:26","date_gmt":"2020-09-21T08:04:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/?p=6019"},"modified":"2020-09-21T10:04:26","modified_gmt":"2020-09-21T08:04:26","slug":"le-trou-dans-la-couche-dozone","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/?p=6019","title":{"rendered":"Le trou dans la couche d&rsquo;ozone"},"content":{"rendered":"<div align=\"justify\">\u2022 Le trou dans la couche d&rsquo;ozone : d\u00e9finition<br \/>\n\u2022 Le danger des rayons ultraviolets<br \/>\n\u2022 Carte du trou dans la couche d&rsquo;ozone<br \/>\n\u2022 Le trou dans la couche d&rsquo;ozone : causes<br \/>\n\u2022 Le trou dans la couche d&rsquo;ozone : solutions et r\u00e9ponses<br \/>\n\u2022 Effet de serre et trou dans la couche d&rsquo;ozone<br \/>\n\u2022 Quand le trou dans la couche d&rsquo;ozone sera-t-il r\u00e9sorb\u00e9 ?<br \/>\n\u2022 Actualit\u00e9s sur le trou dans la couche d&rsquo;ozone<br \/>\n\u2022 Commentaires<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<p><strong><span style=\"color: #99cc00;\">D\u00e9couvreurs du trou dans la couche d&rsquo;ozone<\/span><\/strong><\/p>\n<p>L\u00e9on TEISSENREC de BORT met en \u00e9vidence en 1902 le r\u00f4le de la couche d&rsquo;ozone qui absorbe le rayonnement solaire (en fait les ultraviolets).<br \/>\nEn 1974 deux scientifiques am\u00e9ricains : Mario MOLINA et F. SHERWOOD ROWLAND formulent pour la premi\u00e8re fois la th\u00e9orie de l&rsquo;appauvrissement de la couche d&rsquo;ozone sous l&rsquo;impact des ChloroFluoroCarbones (CFC), compos\u00e9s chimiques apparus en 1938. Et, J. FARMAN du British Antarctica Survey (BAS) annonce en 1985 qu&rsquo;un \u00ab\u00a0trou\u00a0\u00bb temporaire mais important (jusqu&rsquo;\u00e0 50% de pertes) apparait chaque printemps dans la couche d&rsquo;ozone au dessus de l&rsquo;Antarctique depuis 1979 et se r\u00e9sorbe au d\u00e9but de l&rsquo;automne.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.zmc.com.tn\/wp-content\/uploads\/zfm2192.jpg\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Evolution du \u00ab\u00a0trou\u00a0\u00bb dans la couche d&rsquo;ozone depuis 1982. On constate que sa taille a augment\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement.<br \/>\nCr\u00e9dit :\u00a0<a href=\"http:\/\/ozonewatch.gsfc.nasa.gov\/monthly\/index.html\">The Earth Observing System<\/a>\u00a0\/\u00a0<a href=\"http:\/\/www.nasa.gov\/mission_pages\/NPP\/news\/omps-active.html\">NASA \/ NOAA<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Evolution du \u00ab\u00a0trou dans la couche d&rsquo;ozone de 1979 \u00e0 2013\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00a9\u00a0<a href=\"http:\/\/svs.gsfc.nasa.gov\/vis\/a010000\/a011600\/a011644\/index.html\">A brief history of ozone<\/a>\u00a0&#8211; NASA<\/p>\n<p><span style=\"color: #99cc00;\"><strong>L&rsquo;ozone : d\u00e9finition<\/strong><\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;ozone (O<sub>3<\/sub>) est une forme chimique particuli\u00e8re de l&rsquo;oxyg\u00e8ne, tr\u00e8s instable et r\u00e9active.<br \/>\nL&rsquo;ozone est notamment g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par le bombardement de la mol\u00e9cule oxyg\u00e8ne stable O2 par les utraviolets (UV). Condition indispensable : la pr\u00e9sence d&rsquo;oxyg\u00e8ne qui a \u00e9t\u00e9 produit en grande quantit\u00e9 avec la multiplication de micro-organismes photosynth\u00e9tiques au Pr\u00e9cambrien. La couche d&rsquo;ozone s&rsquo;est form\u00e9e il y a environ 600 millions d&rsquo;ann\u00e9es et a atteint sa taille actuelle il y a environ 400 millions d&rsquo;ann\u00e9es.<\/p>\n<p>La couche d&rsquo;ozone repr\u00e9sente sch\u00e9matiquement la partie de l&rsquo;atmosph\u00e8re o\u00f9 sa concentration est la plus \u00e9lev\u00e9e. Ainsi, l&rsquo;ozone est davantage pr\u00e9sent \u00e0 une distance du sol comprise entre 10 et 40 km (plus fortement vers 35 km) avec une concentration voisine de 8 ppmv (parties par million en volume), dans la couche appel\u00e9e stratosph\u00e8re. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;appelation d&rsquo;ozone stratosph\u00e9rique \u00e0 ne pas confondre avec\u00a0<a href=\"https:\/\/www.notre-planete.info\/environnement\/pollution_air\/pollution-atmospherique.php\">l&rsquo;ozone troposph\u00e9rique<\/a>\u00a0induit en grande partie par la circulation automobile et qui irrite notamment les yeux et les voies respiratoires.<br \/>\nA cette altitude, la teneur en ozone r\u00e9sulte d&rsquo;un \u00e9quilibre entre formation et destruction sous la d\u00e9pendance de l&rsquo;activit\u00e9 solaire, de la temp\u00e9rature, de la pr\u00e9sence d&rsquo;autres substances chimiques.<br \/>\nEn absorbant ensuite les UV, l&rsquo;ozone contribue \u00e0 r\u00e9chauffer la statosph\u00e8re. la formation de l&rsquo;ozone est plus importante au dessus des tropiques puis gagne les p\u00f4les via la circulation des masses d&rsquo;air. Cependant, il accuse une faible concentration de quelques parties par million au plus.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>On parle de \u00ab\u00a0trou\u00a0\u00bb dans la couche d&rsquo;ozone<\/strong>\u00a0lorsque la valeur de la colonne int\u00e9gr\u00e9e en ozone est inf\u00e9rieure \u00e0 220 unit\u00e9s Dobson (la valeur normale \u00e9tant 300 unit\u00e9s Dobson environ). Les unit\u00e9s Dobson expriment la totalit\u00e9 de l&rsquo;ozone dans une colonne qui part du sol et traverse toute l&rsquo;atmosph\u00e8re.<\/p>\n<p><span style=\"color: #99cc00;\"><strong>Le danger des rayons ultraviolets<\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>La couche d&rsquo;ozone est essentielle \u00e0 la vie sur terre<\/strong>\u00a0car elle absorbe partiellement les UV B qui sont des rayonnements ultraviolets tr\u00e8s \u00e9nerg\u00e9tiques et destructeur de l&rsquo;ADN.<\/p>\n<p>Il existe diff\u00e9rents types de rayons UV regroup\u00e9s en trois grandes classes : les rayons UV-C, UV-B et UV-A :<\/p>\n<ul>\n<li>95 % du rayonnement UV est constitu\u00e9 d&rsquo;UV-A, les moins \u00e9nerg\u00e9tiques avec des longueurs d&rsquo;onde comprises entre 315 \u00e0 400 nanom\u00e8tres.<\/li>\n<li>Les UV-B sont compris entre 280 et 315 nanom\u00e8tres.<\/li>\n<li>Les UV-C, compris entre 280 et 100 nanom\u00e8tres, sont les plus dangereux de la gamme.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En effet, l&rsquo;impact des UV sur les organismes vivants d\u00e9pend de leur longueur d&rsquo;onde : plus cette longueur d&rsquo;onde est courte, plus le danger est grand. Heureusement, ils sont arr\u00eat\u00e9s presque en totalit\u00e9 par la couche d&rsquo;ozone. Or, cette couche protectrice s&rsquo;est amincie dangereusement, particuli\u00e8rement \u00e0 une altitude comprise entre 14 et 20 km.<\/p>\n<p>Le 15 mars 1988, la NASA diffusait un rapport men\u00e9 par une centaine de chercheurs dans le monde qui indiquait que la concentration en ozone stratosph\u00e9rique avait diminu\u00e9 en moyenne de 1,7 \u00e0 3 % dans l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord entre 1969 et 1986 malgr\u00e9 les variations naturelles constat\u00e9es de 15 \u00e0 20%. De surcro\u00eet, le rayonnement moyen mondial des UV-B au niveau de la surface terrestre s&rsquo;\u00e9tait \u00e9lev\u00e9 de 10 % entre 1986 et 1996.<br \/>\nLa d\u00e9gradation de la couche d&rsquo;ozone implique une moindre filtration des rayons ultraviolets les plus nocifs et une \u00e9l\u00e9vation des risques pour la vie terrestre :<\/p>\n<ul>\n<li>br\u00fblures superficielles, conjonctivites, cataractes<\/li>\n<li>augmentation des cancers et viellissement de la peau<\/li>\n<li>maladies du syst\u00e8me immunitaire<\/li>\n<li>r\u00e9duction de la photosynth\u00e8se : diminution des rendements et de la qualit\u00e9 des cultures, disparition du plancton, premier maillon des cha\u00eenes alimentaires aquatiques&#8230;<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>De plus, les UV-B :<\/p>\n<ul>\n<li>acc\u00e9l\u00e8rent la g\u00e9n\u00e9ration du smog photochimique, stimulant ainsi la production de\u00a0<a href=\"https:\/\/www.notre-planete.info\/environnement\/pollution_air\/pollution-atmospherique.php\">l&rsquo;ozone troposph\u00e9rique<\/a>\u00a0qui est nocif<\/li>\n<li>diminuent \u00ab\u00a0la dur\u00e9e de vie\u00a0\u00bb de certains mat\u00e9riaux inorganiques comme les peintures et plastiques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Par exemple, \u00e0 Punta Arenas, au sud du Chili, la quantit\u00e9 d&rsquo;ozone diminue de 30 \u00e0 50% durant le printemps Austral (notre automne au p\u00f4le Nord), obligeant les habitants \u00e0 se prot\u00e9ger la peau.<\/p>\n<p><span style=\"color: #99cc00;\"><strong>Le \u00ab\u00a0trou\u00a0\u00bb dans la couche d&rsquo;ozone au dessus des p\u00f4les<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Septembre est le mois o\u00f9 le \u00ab\u00a0trou\u00a0\u00bb dans la couche d&rsquo;ozone est le plus important au dessus de l&rsquo;Antarctique. Nous vous proposons de comparer le trou du mois en cours avec le mois de septembre pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es pour l&rsquo;Europe montrent des baisses de 5,4% par d\u00e9cennie depuis les ann\u00e9es 80 en hiver et au printemps, avec une tendance \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration sur la p\u00e9riode 1995-2000. Et pourtant, en 2000, 2001 et\u00a0<a href=\"https:\/\/www.notre-planete.info\/actualites\/actu_229_trou_ozone_superficie_record.php\">2003<\/a>, le trou dans la couche d&rsquo;ozone a atteint une superficie jamais observ\u00e9e avant 2000, alors que celui de 2002 \u00e9tait le plus petit qui ait \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 depuis 1998.<\/p>\n<p>Selon l&rsquo;Organisation M\u00e9t\u00e9orologique Mondiale ces \u00ab\u00a0fluctuations aussi marqu\u00e9es sont dues aux variations interannuelles des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques r\u00e9gnant dans la stratosph\u00e8re et non \u00e0 la quantit\u00e9 totale de susbstances destructrices d&rsquo;ozone dans cette couche de l&rsquo;atmosph\u00e8re.\u00a0\u00bb (OMM, 2004)<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.zmc.com.tn\/?attachment_id=6021\" rel=\"attachment wp-att-6021\"><img decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-6021 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.zmc.com.tn\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/zfm2193-150x150.png\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Evolution de l&rsquo;\u00e9tendue du \u00ab\u00a0trou dans la couche d&rsquo;ozone\u00a0\u00bb au-dessus du p\u00f4le Sud, en millions de km2 et en unit\u00e9s Dobson<br \/>\nCr\u00e9dit :\u00a0<a href=\"https:\/\/ozonewatch.gsfc.nasa.gov\/\">NASA<\/a><\/p>\n<p>La d\u00e9perdition en ozone au-dessus de l&rsquo;Antarctique a atteint une superficie de 24 millions de km\u00b2 en 2014, le record datant de 2000 avec 29,9 million de km\u00b2. Actuellement, le trou dans la couche d&rsquo;ozone est plus petit que durant la p\u00e9riode 1998\u20132006 (<a href=\"http:\/\/science.nasa.gov\/science-news\/science-at-nasa\/2014\/30oct_ozonehole\/\">NASA<\/a>, 10\/2014).<\/p>\n<p>En Antarctique, le trou dans la couche d&rsquo;ozone est un ph\u00e9nom\u00e8ne annuel qui survient en hiver et au printemps \u00e0 cause des temp\u00e9ratures extr\u00eamement basses qui r\u00e8gnent dans la stratosph\u00e8re et de la pr\u00e9sence de substances nocives pour l&rsquo;ozone (OMM, 2011).<\/p>\n<p><strong>\u00c9volution du \u00ab\u00a0trou\u00a0\u00bb d&rsquo;ozone en Arctique<\/strong><\/p>\n<p>En Arctique (p\u00f4le nord), les temp\u00e9ratures hivernales sont en moyenne plus \u00e9lev\u00e9es qu&rsquo;au p\u00f4le Sud et les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques varient beaucoup d&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre. Les conditions ne sont donc pas toujours r\u00e9unies pour qu&rsquo;une diminution importante d&rsquo;ozone y soit observ\u00e9e (<a href=\"https:\/\/www.notre-planete.info\/actualites\/actu_2762.php\">INSU<\/a>, 04\/2011). En effet, \u00ab\u00a0la sym\u00e9trie g\u00e9ographique du p\u00f4le Nord n&rsquo;est pas comme celle du p\u00f4le Sud, de sorte que les grands syst\u00e8mes m\u00e9t\u00e9orologiques viennent d\u00e9ranger la circulation des vents, rendant la situation au-dessus de l&rsquo;Arctique moins stable qu&rsquo;au-dessus de l&rsquo;Antarctique. Ces perturbations emp\u00eachent a stratosph\u00e8re arctique de devenir aussi froide que la stratosph\u00e8re antarctique et occasionnent la formation d&rsquo;un moins grand nombre de nuages stratosph\u00e9riques polaires\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise\u00a0<a href=\"https:\/\/unep.ch\/ozone\/faq-science-fr.shtml\">l&rsquo;UNEP<\/a>.<\/p>\n<p>Toutefois, une\u00a0<a href=\"http:\/\/www.nature.com\/nature\/journal\/vaop\/ncurrent\/full\/nature10556.html\">\u00e9tude publi\u00e9e dans la revue Nature<\/a>\u00a0souligne que les trous d&rsquo;ozone dans l&rsquo;Arctique sont possibles m\u00eame avec des temp\u00e9ratures beaucoup plus douces que celles de l&rsquo;Antarctique.<\/p>\n<p>Ainsi, apr\u00e8s le \u00ab\u00a0trou\u00a0\u00bb record de 2011 au-dessus du p\u00f4le Nord, en\u00a0<a href=\"https:\/\/www.notre-planete.info\/actualites\/4655-Trou-record-couche-ozone-arctique\">mars 2020<\/a>, une diminution historique des niveaux d&rsquo;ozone a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e en Arctique.<\/p>\n<p><strong>Les causes du trou dans la couche d&rsquo;ozone<\/strong><\/p>\n<p>Suite aux travaux de l&rsquo;exp\u00e9dition scientifique de 1986 en Antarctique, Susan SALOMON puis James ANDERSON ont d\u00e9montr\u00e9 que les teneurs en chlore \u00e9taient nettement sup\u00e9rieures aux \u00ab\u00a0normales\u00a0\u00bb dans les r\u00e9gions les plus affect\u00e9es par la disparition de l&rsquo;ozone.<br \/>\nPaul CRUTZEN, Mario MOLINAS et Frank SHERWOOD ont ensuite \u00e9tabli que les responsables sont des mol\u00e9cules chimiques produites par l&rsquo;Homme : les Chlorofluorocarbones (CFC) et les halons.<\/p>\n<p>Ces compos\u00e9s tr\u00e8s stables montent lentement vers la stratosph\u00e8re o\u00f9 ils catalysent la destruction de l&rsquo;ozone. En effet, au contact des rayons ultraviolets (UV), ces gaz lib\u00e8rent leur chlore par photolyse. De plus, les cristaux de glace pr\u00e9sents dans les nuages d&rsquo;altitude transforment les compos\u00e9s chlor\u00e9s de l&rsquo;atmosph\u00e8re en chlore actif susceptible de d\u00e9truire l&rsquo;ozone.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le chlore et le brome s&rsquo;accumulent dans le tourbillon polaire o\u00f9 ils restent chimiquement inactifs dans l&rsquo;obscurit\u00e9. Les temp\u00e9ratures dans le vortex peuvent descendre en dessous de -78 degr\u00e9s Celsius et des nuages stratosph\u00e9riques polaires peuvent se former, qui jouent un r\u00f4le important dans les r\u00e9actions chimiques. Lorsque le soleil se l\u00e8ve au-dessus du p\u00f4le, des atomes de chlore et de brome chimiquement actifs sont lib\u00e9r\u00e9s dans le vortex et d\u00e9truisent rapidement les mol\u00e9cules d&rsquo;ozone, provoquant la formation du trou\u00a0\u00bb, explique le Service pour la surveillance de l&rsquo;atmosph\u00e8re de Copernicus.<\/p>\n<p>Comme ces mol\u00e9cules chimiques introduites par les activit\u00e9s humaines persistent longtemps, leur action n&rsquo;est neutralis\u00e9e qu&rsquo;apr\u00e8s des dizaines d&rsquo;ann\u00e9es. En effet, une mol\u00e9cule de CFC met environ 25 ans avant d&rsquo;atteindre la stratosph\u00e8re et a une dur\u00e9e de vie comprise entre 60 et 100 ans&#8230; Ainsi, leur concentration ne diminue que tr\u00e8s lentement m\u00eame si ils sont bannis de toute utilisation et production.<\/p>\n<p><strong>Les compos\u00e9s chimiques responsables du trou dans la couche d&rsquo;ozone<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les compos\u00e9s halog\u00e9n\u00e9s synth\u00e9tiques<\/strong><\/p>\n<p>Les substances \u00e0 l&rsquo;origine de la perdition d&rsquo;ozone stratosph\u00e9rique sont des halocarbures. Ils s&rsquo;agit de compos\u00e9s halog\u00e9n\u00e9s synth\u00e9tiques, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils ne sont pas produits par la nature (chlore, brome, iode et fluor). Ils regroupent toutes les Substances Appauvrissant la Couche d&rsquo;Ozone (SAO ou SACO), soit :<\/p>\n<ul>\n<li>les chlorofluorocarbures (CFC),<\/li>\n<li>les hydrochlorofluorocarbures (HCFC),<\/li>\n<li>les bromofluorocarbures (aussi appel\u00e9s halons),<\/li>\n<li>le m\u00e9thylchloroforme (1,1,1-trichloro\u00e9thane),<\/li>\n<li>le t\u00e9trachlorom\u00e9thane ou t\u00e9trachlorure de carbone (CCl4),<\/li>\n<li>le bromure de m\u00e9thyle (CH3Br),<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ainsi que les substances de remplacement des SAO, soit :<\/p>\n<ul>\n<li>les hydrofluorocarbures (HFC),<\/li>\n<li>les per fluorocarbures (PFC).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les ChloroFluoroCarbones (CFC) sont des mol\u00e9cules compos\u00e9es de carbone, de fluor et de chlore.<br \/>\nCes mol\u00e9cules furent utilis\u00e9es (notamment en remplacement d&rsquo;hydrocarbures inflammables) car elles restent tr\u00e8s stables et ne pr\u00e9sentent donc aucune toxicit\u00e9 chimique pour l&rsquo;homme. Leurs propri\u00e9t\u00e9s physico-chimiques tr\u00e8s int\u00e9ressantes expliquent pourquoi on les a utilis\u00e9es tr\u00e8s largement dans un grand nombre de processus industriels et de produits de consommation :<\/p>\n<ul>\n<li>liquide de refroidissement dans les syst\u00e8mes frigorifiques (domestiques, industriels et commerciaux) et les conditionnements d&rsquo;air<\/li>\n<li>solvant et gaz propulseur dans les a\u00e9rosols<\/li>\n<li>solvant pour le nettoyage d&rsquo;appareils m\u00e9caniques et \u00e9lectroniques<\/li>\n<li>agent gonflant pour la production de mousses plastiques<\/li>\n<li>Les halons, contenant du brome, ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s notamment comme produits extincteurs dans la lutte contre les incendies<br \/>\nA ces deux cat\u00e9gories de compos\u00e9s sont venues s&rsquo;ajouter d&rsquo;autres substances, \u00e9galement impliqu\u00e9es dans la d\u00e9gradation de la couche d&rsquo;ozone :<\/li>\n<li>des solvants chlor\u00e9s : le trichlor\u00e9thane et le t\u00e9trachlorure de carbone<\/li>\n<li>le bromure de m\u00e9thyle, un pesticide utilis\u00e9 en horticulture. Son utilisation \u00e0 des fins de quarantaine et de traitement avant exp\u00e9dition est encore autoris\u00e9e en Europe afin de garantir l&rsquo;absence d&rsquo;organismes nuisibles dans les cultures commerciales, dans la mesure o\u00f9 des solutions de remplacement pour cette utilisation sp\u00e9cifique tardent \u00e0 \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9es (Commission europ\u00e9enne, 07\/2005)<\/li>\n<li>les HCFC, HydroChloroFluoroCarbones et les HFC, HydroFluoroCarbones d\u00e9velopp\u00e9s par l&rsquo;industrie pour remplacer les CFC dans la plupart de leurs applications. Ils contiennent de l&rsquo;hydrog\u00e8ne, ce qui provoque leur d\u00e9gradation plus rapide dans la haute atmosph\u00e8re. Ils attaquent la couche d&rsquo;ozone mais moins longtemps que les CFC. Par contre, ils contribuent \u00e0 accro\u00eetre \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.notre-planete.info\/terre\/climatologie_meteo\/changement-climatique.php\">l&rsquo;effet de serre<\/a>\u00ab\u00a0, un autre probl\u00e8me \u00e9cologique tr\u00e8s pr\u00e9occupant.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En se d\u00e9composant sous l&rsquo;action de la lumi\u00e8re, ces compos\u00e9s lib\u00e8rent le chlore qui casse alors les mol\u00e9cules d&rsquo;ozone.<\/p>\n<p>L&rsquo;atome de chlore avec une dur\u00e9e de vie pouvant atteindre la centaine d&rsquo;ann\u00e9es, d\u00e9truira plusieurs milliers de mol\u00e9cules d&rsquo;ozone avant de dispara\u00eetre.<\/p>\n<p><strong>Le protoxyde d&rsquo;azote (N2O)<\/strong><\/p>\n<p>Depuis que les \u00e9missions des SAO sont contr\u00f4l\u00e9es, le N2O, un puissant\u00a0<a href=\"https:\/\/www.notre-planete.info\/terre\/climatologie_meteo\/changement-climatique-GES.php\">gaz \u00e0 effet de serre<\/a>, est maintenant le premier gaz responsable de la destruction de la couche d&rsquo;ozone.<\/p>\n<p>Or, un tiers des \u00e9missions de N2O sont li\u00e9es aux activit\u00e9s humaines. L&rsquo;agriculture est de loin la plus grande source d&rsquo;\u00e9missions de N2O caus\u00e9e par l&rsquo;\u00eatre humain et repr\u00e9sente 2\/3 de ces \u00e9missions. Cependant, les autres sources importantes de N2O incluent la combustion de carburant industriel et fossile, les op\u00e9rations de combustion et les eaux us\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u00e9trange pr\u00e9sence du T\u00e9trachlorure de carbone (CCL4)<\/strong><\/p>\n<p>Si l&rsquo;ensemble des SAO diminuent significativement, la\u00a0<a href=\"http:\/\/science.nasa.gov\/science-news\/science-at-nasa\/2014\/05sep_ozonelayer\/\">NASA a d\u00e9tect\u00e9<\/a>, avec surprise, mi-2014 qu&rsquo;un important gaz destructeur de la couche d&rsquo;ozone, le t\u00e9trachlorure de carbone (CCL4) \u00e9tait encore tr\u00e8s abondant dans la couche d&rsquo;ozone, alors qu&rsquo;il devrait tout simplement avoir disparu.<\/p>\n<p>En effet, officiellement, entre 2007 et 2012, aucun pays n&rsquo;a \u00e9mis de CCL4 et pourtant, les mesures satellites, les avions, les capteurs au sol et les ballons sondes m\u00e9t\u00e9orologiques d\u00e9tectent bien le fameux compos\u00e9 chimique, principalement utilis\u00e9 dans les extincteurs et le nettoyage \u00e0 sec.<\/p>\n<p>Si sa concentration atmosph\u00e9rique a bien diminu\u00e9 avec la mise en application du Protocole de Montr\u00e9al, elle reste bien trop \u00e9lev\u00e9e : au lieu de d\u00e9cro\u00eetre de 4 % par an, sa pr\u00e9sence dans l&rsquo;atmosph\u00e8re a diminu\u00e9 de seulement 1 % par an.<br \/>\nD&rsquo;apr\u00e8s les mod\u00e8les de la NASA, une autre source d&rsquo;\u00e9mission non identifi\u00e9e doit expliquer cette anomalie. Une autre possibilit\u00e9 serait une compr\u00e9hension insuffisante de la chimie du CCL4.<\/p>\n<p><strong>Les causes naturelles du trou dans la couche d&rsquo;ozone<\/strong><\/p>\n<p>Des facteurs naturels sont \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;appauvrissement de la couche d&rsquo;ozone :<\/p>\n<ul>\n<li>le cycle des t\u00e2ches solaires (11 ans) influe de 1 \u00e0 2 % entre le maximum et le minimum d&rsquo;un cycle typique<\/li>\n<li>les \u00e9missions\u00a0<a href=\"https:\/\/www.notre-planete.info\/terre\/risques_naturels\/volcanisme\/volcanisme.php\">volcaniques<\/a>\u00a0d&rsquo;a\u00e9rosols de sulfate (Ex. juin 1991, l&rsquo;\u00e9ruption du mont Pinatubo aux Philippines)<\/li>\n<li>la vapeur d&rsquo;eau contribue \u00e9galement \u00e0 la destruction de l&rsquo;ozone stratosph\u00e9rique via les nuages (A. NICOLAS, 2004)<\/li>\n<li>les \u00e9missions de protoxyde d&rsquo;azote (N2O) d&rsquo;origine naturelle (<a href=\"http:\/\/rstb.royalsocietypublishing.org\/content\/367\/1593\/1256.full\">Stratospheric ozone depletion due to nitrous oxide: influences of other gases<\/a>\u00a0&#8211; The Royal Society ; 12\/2011)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cependant, mis \u00e0 part quelques \u00e9missions volcaniques exceptionnelles, les facteurs naturels influent relativement peu sur les changements de la couche d&rsquo;ozone.<\/p>\n<p><strong>Comment r\u00e9sorber le trou dans la couche d&rsquo;ozone ?<\/strong><\/p>\n<p>Face \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne global et d&rsquo;une extr\u00eame gravit\u00e9, les pays industrialis\u00e9s ont adopt\u00e9 un trait\u00e9 international :\u00a0<strong>le protocole de Montr\u00e9al en 1987<\/strong>\u00a0qui fait suite \u00e0 la\u00a0<a href=\"http:\/\/ozone.unep.org\/new_site\/en\/vienna_convention.php\">Convention de Vienne de mars 1985<\/a>. Ce premier pr\u00e9voyait de r\u00e9duire la production de CFC de moiti\u00e9 pour l&rsquo;an 2000 et est entr\u00e9 en vigueur en 1989.<\/p>\n<p>Cependant, avec l&rsquo;urgence du probl\u00e8me, il est d\u00e9cid\u00e9 en 1990, avec l&rsquo;amendement de Londres puis celui de Copenhague en 1992, l&rsquo;arr\u00eat total de la production de CFC pour l&rsquo;an 2000. Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 amend\u00e9 en 1995 \u00e0 Vienne, en 1997 \u00e0 Montr\u00e9al et en 1999 \u00e0 Beijing.<\/p>\n<p><strong>Le protocole de Montr\u00e9al<\/strong><\/p>\n<p>Le 16 septembre 1987, 24 pays, dont la France, signent le Protocole de Montr\u00e9al relatif \u00e0 des substances qui appauvrissent la couche d&rsquo;ozone, sous l&rsquo;\u00e9gide du Programme des Nations Unies pour l&rsquo;Environnement. Son objectif est d&rsquo;\u00e9liminer progressivement la production et l&rsquo;utilisation des produits les plus n\u00e9fastes pour la couche d&rsquo;ozone.<\/p>\n<p>Depuis le 16 septembre 2009, le\u00a0<a href=\"http:\/\/unep.org\/ozone\/pdfs\/Montreal-Protocol-Booklet-fr.doc\">protocole de Montr\u00e9al<\/a>\u00a0est ratifi\u00e9 par l&rsquo;ensemble des 197 membres de l&rsquo;ONU, ce qui en fait le seul trait\u00e9 universel.<br \/>\nLe protocole vise \u00e0 prot\u00e8ger la couche d&rsquo;ozone des dommages occasionn\u00e9s par certaines substances chimiques industrielles connues sous le nom de\u00a0<strong>Substances Appauvrissant l&rsquo;Ozone (SAO)<\/strong>. Le protocole a progressivement interdit la production de r\u00e9frig\u00e9rants et de solvants contenant des chlorofluorocarbones (CFC), ainsi que la fabrication d&rsquo;extincteurs contenant des halons. Il a fix\u00e9 un calendrier pr\u00e9cis aux fins de l&rsquo;\u00e9limination progressive d&rsquo;autres substances nocives telles que les hydrochlorofluorocarbones (HCFC) et le bromure de m\u00e9thyle.<br \/>\nAu total, 8 SAO sont r\u00e9glement\u00e9es par le protocole de Monr\u00e9al :<\/p>\n<ul>\n<li>Chlorofluorocarbures (CFC)<\/li>\n<li>T\u00e9trachlorure de carbone (CCL<sub>4<\/sub>)<\/li>\n<li>Halons<\/li>\n<li>1,1,1 &#8211; Trichloro\u00e9thane (C<sub>2<\/sub>H<sub>3<\/sub>CI<sub>3<\/sub>)<\/li>\n<li>Bromure de m\u00e9thyle (CH<sub>3<\/sub>Br)<\/li>\n<li>Hydrochlorofluorocarbures (HCFC)<\/li>\n<li>Hydrobromofluorocarbures (HBFC)<\/li>\n<li>Bromochlorom\u00e9thane (BCM)<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Les r\u00e9sultats de l&rsquo;application du protocole de Montr\u00e9al<\/strong><\/p>\n<p>Suite au Protocole, \u00e0 ses amendements et \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat total de la production de CFC depuis 1994, les concentrations de produits appauvrissant l&rsquo;ozone dans la basse atmosph\u00e8re (la troposph\u00e8re) ont atteint leur point culminant en 1995 et sont depuis en baisse dans la troposph\u00e8re et la stratosph\u00e8re. Les scientifiques estiment que les gaz ont atteint leur pic de concentration dans la stratosph\u00e8re antarctique en 2001.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce au Protocole, entre 1988 et 2010, les \u00e9missions des SAO ont ainsi baiss\u00e9 de plus de 80 %. Depuis la fin des ann\u00e9es 1990, au-dessus de la plupart des r\u00e9gions du monde, la couche d&rsquo;ozone n&rsquo;est pas devenue plus mince : elle semble se reconstituer. Pour les Nations Unies, le Protocole de Montr\u00e9al est le \u00ab\u00a0trait\u00e9 ayant eu le plus de succ\u00e8s dans l&rsquo;histoire des Nations Unies\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les concentrations des compos\u00e9s chlor\u00e9s et brom\u00e9s provenant de la d\u00e9gradation des SAO dans la stratosph\u00e8re d\u00e9croissent. En 2012, les niveaux combin\u00e9s de chlore et de brome (exprim\u00e9s par la charge en chlore effective stratosph\u00e9rique) ont d\u00e9cru d&rsquo;environ 10-15 % par rapport \u00e0 leur maximum atteint il y a 10-15 ans. Cette diminution est due \u00e0 part \u00e9gale \u00e0 la d\u00e9croissance des concentrations du m\u00e9thyl chloroforme (CH3CCl3), du bromure de m\u00e9thyle (CH3Br) et des chlorofluorocarbures (CFCs).<\/p>\n<p>Selon un\u00a0<a href=\"https:\/\/www.notre-planete.info\/actualites\/actu_3467_journee_mondiale_ozone.php\">rapport du PNUE<\/a>, le protocole de Montr\u00e9al a permis d&rsquo;\u00e9viter environ 2 millions de cancers de la peau par an, ainsi que des cataractes tout en \u00e9conomisant des milliards de dollars en soins de sant\u00e9.<\/p>\n<p>Les CFC sont remplac\u00e9s progressivement par d&rsquo;autres gaz moins nocifs comme les hydrochlorofluorocarbures ou HCFC et hydrofluorocarbures ou HFC. Pour autant, l&rsquo;abandon de toute substance chlor\u00e9e et fluor\u00e9e devra s&rsquo;\u00e9chelonner jusqu&rsquo;en 2030 (IFEN, 2002).<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les substituts de premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration : les hydrochlorofluorocarbures (HCFC)<\/strong><\/p>\n<p>Ces compos\u00e9s (HCFC-22, HCFC-141, HCFC-142b) ont une dur\u00e9e de vie limit\u00e9e \u00e0 quelques dizaines d&rsquo;ann\u00e9es dans l&rsquo;atmosph\u00e8re. Cependant, ils contiennent encore du chlore qui contribue, certes plus modestement, \u00e0 la diminution de la couche d&rsquo;ozone.<br \/>\nLe HCFC-22 est le plus utilis\u00e9 et ses concentrations ont progress\u00e9 plus d&rsquo;une fois et demie plus vite en 2007-2008 qu&rsquo;en 2003-2004.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 l&rsquo;interdiction des CFC, les HCFC ont \u00e9t\u00e9 massivement employ\u00e9s, ce qui a conduit, en 2007, \u00e0 un accord visant \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer l&rsquo;\u00e9limination des HCFC contenus g\u00e9n\u00e9ralement dans les syst\u00e8mes de climatisation. En effet, \u00ab\u00a0<em>Les HCFC sont \u00e0 la fois des substances qui appauvrissent la couche d&rsquo;ozone et de puissants gaz \u00e0 effet de serre : le plus utilis\u00e9 est 2 000 fois plus puissant que le dioxyde de carbone du point de vue du r\u00e9chauffement de la plan\u00e8te<\/em>\u00a0\u00bb a d\u00e9clar\u00e9 le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations Unies M. Ban Ki-moon.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi,\u00a0<strong>l&rsquo;amendement de Kigali au Protocole de Montr\u00e9al<\/strong>\u00a0a ent\u00e9rin\u00e9 la fin de la production d&rsquo;hydrofluorocarbones \u00e0 2029, une date toutefois trop tardive pour avoir une influence sur les objectifs en mati\u00e8re de r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre pour 2030, note le\u00a0<a href=\"http:\/\/web.unep.org\/emissionsgap\/\">rapport 2017 de l\u2019ONU<\/a>\u00a0sur l\u2019\u00e9cart entre les besoins et les perspectives en mati\u00e8re de r\u00e9duction des \u00e9missions. Au niveau de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne, leur utilisation est d\u00e9j\u00e0 restreinte et leur fabrication est interdite depuis 2015.<\/p>\n<p>Actuellement, les concentrations atmosph\u00e9riques en hydrochloroflurocarbures continuent d&rsquo;augmenter dans l&rsquo;atmosph\u00e8re (<a href=\"http:\/\/www.insu.cnrs.fr\/node\/4994\">IPSL<\/a>, 09\/2014).<\/p>\n<p><strong>Les substituts de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration : les hydrofluorocarbures (HFC)<\/strong><\/p>\n<p>Ces HFC (HFC-23, HFC-32, HFC-134a) ne contiennent pas de chlore, ils ne participent donc pas \u00e0 la destruction de l&rsquo;ozone atmosph\u00e9rique.<\/p>\n<p>Par contre, leur utilisation n\u00e9cessite la construction de nouveaux \u00e9quipements industriels et ce sont toujours de puissants gaz \u00e0 effet de serre.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.zmc.com.tn\/wp-content\/uploads\/zfm2194.jpg\" \/><br \/>\nD\u00e9clin de la consommation de CFCs par grandes r\u00e9gions mondiales depuis 1988 avec l&rsquo;adoption du protocole de Montr\u00e9al. La consommation a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9e par 8 passant de pr\u00e8s de 800 000 tonnes en 1988 \u00e0 100 000 tonnes en 2001.<br \/>\nSource : GEO Data Portal, d&rsquo;apr\u00e8s le secr\u00e9tariat \u00e0 l&rsquo;ozone de l&rsquo;UNEP &#8211; 2004<br \/>\nL&rsquo;Union europ\u00e9enne a progressivement \u00e9limin\u00e9 plus de 99 % de sa production de SAO, gr\u00e2ce \u00e0 la participation proactive du secteur industriel et \u00e0 une stricte application de la l\u00e9gislation communautaire relative aux SAO par la Commission et les \u00c9tats membres. \u00c0 compter de 2010, des restrictions suppl\u00e9mentaires concernant les SAO sont entr\u00e9es en vigueur au niveau de l&rsquo;UE (UE; 09\/2009).<br \/>\nL&rsquo;adoption rapide du protocole de Montr\u00e9al et la mobilisation unanime des pays producteurs de CFC est sans doute l&rsquo;exemple le plus encourageant de notre capacit\u00e9 \u00e0 nous mobiliser contre une atteinte grave \u00e0 notre support de vie. Cependant, sur cette question, le consensus scientifique \u00e9tait sans \u00e9quivoque, les cons\u00e9quences clairement identifi\u00e9es et les pays impliqu\u00e9s peu nombreux ; ce qui n&rsquo;est pas le cas du changement climatique, bien plus complexe \u00e0 att\u00e9nuer.<br \/>\nEffet de serre et trou dans la couche d&rsquo;ozone<br \/>\nEn diminuant notablement les concentrations en CFC, le protocole de Montr\u00e9al a permis aussi d&rsquo;att\u00e9nuer l&rsquo;effet de serre. En effet, les CFC sont aussi de puissants gaz \u00e0 effet de serre.<br \/>\nToutefois, les SAO sont de plus en plus remplac\u00e9es par des hydrofluorocarbures (HFC), dont le potentiel de r\u00e9chauffement plan\u00e9taire est jusqu&rsquo;\u00e0 14 800 fois plus \u00e9lev\u00e9 que celui du dioxyde de carbone, le principal gaz \u00e0 effet de serre.<br \/>\nSelon une \u00e9tude du PNUE publi\u00e9e en septembre 2014, avant l&rsquo;application du Protocole de Montr\u00e9al, les SAO ont \u00e9mis dans l&rsquo;atmosph\u00e8re l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;environ 10 milliards de tonnes de CO2 chaque ann\u00e9e ! Le Protocole de Montr\u00e9al et ses amendements ont donc \u00e9t\u00e9 cinq fois plus efficaces que le Protocole de Kyoto dans sa premi\u00e8re p\u00e9riode d&rsquo;engagement (2008-2012).<br \/>\nToutefois, si les hydrofluorocarbures (HFC) n&rsquo;affectent pas la couche d&rsquo;ozone, ils restent des gaz \u00e0 effet de serre qui repr\u00e9sentent, chaque ann\u00e9e, l&rsquo;\u00e9mission d&rsquo;environ 0,5 milliards de tonnes d&rsquo;\u00e9quivalent CO2, en augmentation d&rsquo;environ 7 % par an&#8230; A ce rythme, ils devraient contribuer significativement au r\u00e9chauffement climatique dans les prochaines d\u00e9cennies et pourraient repr\u00e9senter de 7 \u00e0 12 % de la part du CO2 sur l&rsquo;effet de serre selon une \u00e9tude de la NOAA. Contreblan\u00e7ant ainsi les bons r\u00e9sultats du Protocole de Montr\u00e9al.<br \/>\nC&rsquo;est pourquoi, en juillet 2009, les parties au protocole de Montr\u00e9al ont engag\u00e9 des discussions sur une proposition visant \u00e0 limiter et \u00e0 r\u00e9duire la consommation mondiale de HFC.<br \/>\nQuand le trou dans la couche d&rsquo;ozone sera-t-il r\u00e9sorb\u00e9 ?<br \/>\nIl y a quelques ann\u00e9es, les scientifiques consid\u00e9raient que le trou dans la couche d&rsquo;ozone devait se r\u00e9sorber totalement dans environ cinquante ans. Cependant, en 2015, l&rsquo;Organisation m\u00e9t\u00e9orologique mondiale indiquait que la couche d&rsquo;ozone devrait \u00eatre, en grande partie, reform\u00e9e vers le milieu du XXIe si\u00e8cle, et sans doute pas avant 2070 au-dessus de l&rsquo;Antarctique. \u00ab\u00a0Le Protocole de Montr\u00e9al est en place et fonctionne bien. Toutefois, il se peut que nous continuions \u00e0 observer des trous d&rsquo;ozone \u00e9tendus au-dessus de l&rsquo;Antarctique jusqu&rsquo;en 2025 environ, en raison des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques r\u00e9gnant dans la stratosph\u00e8re et parce que les substances chimiques subsistent dans l&rsquo;atmosph\u00e8re pendant plusieurs d\u00e9cennies apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 stopp\u00e9es\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 M. Braathen, scientifique principal \u00e0 la Division de la recherche sur l&rsquo;environnement atmosph\u00e9rique relevant du D\u00e9partement de la recherche de l&rsquo;OMM.<br \/>\nIl fallu attendre fin 2017 et d\u00e9but 2018 pour que deux \u00e9tudes confirment enfin que le trou dans la couche d&rsquo;ozone se r\u00e9sorbe bien, en parall\u00e8le avec la diminution des concentrations en chlore (- 0,8 % par an).<br \/>\nToutefois, la couche d&rsquo;ozone ne retrouvera probablement pas son \u00e9tat originel (des ann\u00e9es 1950, d&rsquo;avant l&rsquo;arriv\u00e9e des SAO anthropiques). En effet, ce sont maintenant les gaz \u00e0 effet de serre (GES) qui prennent le relais de la destruction de l&rsquo;ozone. Dans tous les cas, le trou dans la couche d&rsquo;ozone ne sera plus un probl\u00e8me majeur d&rsquo;ici 2060-2080 environ.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2022 Le trou dans la couche d&rsquo;ozone : d\u00e9finition \u2022 Le danger des rayons ultraviolets \u2022 Carte du trou dans la couche d&rsquo;ozone \u2022 Le trou dans la couche d&rsquo;ozone : causes \u2022 Le trou dans la couche d&rsquo;ozone : solutions et r\u00e9ponses \u2022 Effet de serre et trou dans la couche d&rsquo;ozone \u2022 Quand le trou dans la couche d&rsquo;ozone sera-t-il r\u00e9sorb\u00e9 ? \u2022 Actualit\u00e9s sur le trou dans la couche d&rsquo;ozone \u2022 Commentaires D\u00e9couvreurs du trou dans la couche d&rsquo;ozone L\u00e9on TEISSENREC de BORT met en \u00e9vidence en&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6022,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-6019","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-4"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6019","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6019"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6019\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6022"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6019"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6019"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6019"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}