{"id":4269,"date":"2020-04-28T12:38:42","date_gmt":"2020-04-28T10:38:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/?p=4269"},"modified":"2020-04-28T12:38:42","modified_gmt":"2020-04-28T10:38:42","slug":"les-travailleuses-de-la-sante-toujours-a-pied-doeuvre-a-lhopital-comme-a-la-maison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.zmc.com.tn\/?p=4269","title":{"rendered":"Les travailleuses de la sant\u00e9 toujours \u00e0 pied d\u2019\u0153uvre, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital comme \u00e0 la maison."},"content":{"rendered":"<div align=\"justify\">A l\u2019\u00e9chelle mondiale, les femmes repr\u00e9sentent plus de 70 pour cent des travailleurs de la sant\u00e9, en particulier ceux qui travaillent dans les institutions de soins. Elles sont en premi\u00e8re ligne de la lutte contre le COVID-19. En raison de la pand\u00e9mie, elles doivent faire face \u00e0 une double charge en assumant \u00e0 la fois des heures de travail plus longues et le travail de soins \u00e0 domicile.<br \/>\nA l\u2019\u00e9chelle mondiale, les femmes repr\u00e9sentent plus de 70 pour cent des travailleurs de la sant\u00e9, en particulier ceux qui travaillent dans les institutions de soins. Elles sont en premi\u00e8re ligne de la lutte contre le COVID-19, et ces derni\u00e8res semaines ont \u00e9t\u00e9 les plus difficiles de leur vie. En raison de la pand\u00e9mie, elles doivent faire face \u00e0 une double charge en assumant \u00e0 la fois des heures de travail plus longues et le travail de soins \u00e0 domicile.<br \/>\nPrenons l\u2019exemple d\u2019Alberta Delle Grazie. Elle est infirmi\u00e8re en chef d\u2019une unit\u00e9 de soins intensifs dans un h\u00f4pital situ\u00e9 au nord de l\u2019Italie. Elle effectue de longues heures de travail, travaille parfois de nuit et a beaucoup de responsabilit\u00e9s. \u00abC\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 difficile avant\u00bb, explique-t-elle, \u00abmais maintenant, apr\u00e8s trois semaines en situation d\u2019urgence \u00e0 cause du COVID-19, nous sommes \u00e0 bout, inquiets et \u00e9puis\u00e9s \u00e9motionnellement. Bon nombre d\u2019entre nous ont contract\u00e9 la maladie, et certains en sont morts.\u00bbAlberta a trois jeunes enfants \u00e0 la maison. Elle ne les voit que deux heures par jour quand elle rentre du travail, et quand elle les voit, ce n\u2019est pas facile pour elle. \u00abC\u2019est une \u00e9preuve insoutenable que de devoir mettre le corps d\u2019une personne dans un sac, et de rentrer ensuite chez soi en faisant comme si tout allait bien\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est l\u00e0 qu\u2019un exemple des pressions \u00e9motionnelles et mentales auxquelles sont soumis jour apr\u00e8s jour de nombreux travailleurs de la sant\u00e9, hommes et femmes.<\/p>\n<p>Un travailleur m\u00e9dical met un masque de protection en Belgique lors de la pand\u00e9mie de COVID-19.<br \/>\nPour les quelque 100 millions de femmes dans le monde qui travaillent dans des institutions de sant\u00e9 et de soins, concilier responsabilit\u00e9s professionnelles et familiales a toujours \u00e9t\u00e9 un d\u00e9fi. La pand\u00e9mie a mis en lumi\u00e8re des in\u00e9galit\u00e9s entre les sexes qui ne datent pas d\u2019aujourd&rsquo;hui. Elle a aussi r\u00e9v\u00e9l\u00e9 et exacerb\u00e9 une crise mondiale des soins de sant\u00e9 d\u00e9j\u00e0 existante.<\/p>\n<p>En temps normal, les femmes effectuent en moyenne chaque jour 4h25 d\u2019activit\u00e9s de soins non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es, contre 1h23 pour les hommes. La pand\u00e9mie, qui s\u2019est accompagn\u00e9e de la fermeture des \u00e9coles, des services de garde d\u2019enfants et autres structures de soins, a consid\u00e9rablement accru le temps consacr\u00e9 chaque jour aux t\u00e2ches domestiques non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<p>Cela est particuli\u00e8rement vrai pour les travailleuses de la sant\u00e9 qui assument seules la responsabilit\u00e9 de chef de famille et n\u2019ont pas forc\u00e9ment d\u2019autre choix que de s\u2019occuper elles-m\u00eames de leurs enfants ou leurs de parents \u00e2g\u00e9s lorsqu\u2019elles rentrent du travail, avec le risque de leur transmettre le COVID-19.<br \/>\n\u201cApr\u00e8s trois semaines en situation d\u2019urgence \u00e0 cause du COVID-19, nous sommes \u00e0 bout, inquiets et \u00e9puis\u00e9s \u00e9motionnellement. Bon nombre d\u2019entre nous ont contract\u00e9 la maladie, et certains en sont morts.\u00bb<br \/>\nOn dit souvent qu\u2019en p\u00e9riode difficile, on peut faire des choses qui auraient \u00e9t\u00e9 inconcevables auparavant. C\u2019est pourquoi certains gouvernements ont pris des mesures pour soutenir les travailleurs, en particulier ceux des secteurs impliqu\u00e9s dans les interventions d\u2019urgence, qui n\u2019ont pas toujours la possibilit\u00e9 de travailler depuis chez eux.<\/p>\n<p>Ainsi, en Italie, une \u00abprime \u00e0 la garde d&rsquo;enfants\u00bb pouvant atteindre jusqu\u2019\u00e0 1 000 euros (1 104 dollars E.-U.) est allou\u00e9e pour permettre aux travailleurs du secteur de la sant\u00e9 de payer des services de garde d\u2019enfants \u00e0 domicile. En Allemagne, en Autriche, en France et aux Pays-Bas, o\u00f9 les cr\u00e8ches, les garderies et les \u00e9coles ont en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9es, certaines structures restent ouvertes avec un personnel minimal pour s\u2019occuper des enfants des travailleurs des services essentiels. L\u2019Allemagne a aussi \u00e9largi l\u2019acc\u00e8s aux allocations de garde d\u2019enfants pour les parents \u00e0 faible revenu, tandis que la Cor\u00e9e du Sud a \u00e9mis des bons \u00e0 hauteur de 2 400 milliards de wons (2 milliards de dollars E.-U.) pour les m\u00e9nages \u00e0 faible revenu, qui, faute de cr\u00e8ches, doivent d\u00e9sormais faire appel \u00e0 des services de garde d\u2019enfants \u00e0 domicile.<\/p>\n<p>Il convient d\u2019encourager d\u2019autres mesures de ce type pour pouvoir continuer \u00e0 aider les travailleuses de la sant\u00e9 \u00e0 faire face \u00e0 la t\u00e2che surhumaine qui consiste \u00e0 la fois \u00e0 lutter contre le COVID-19 et \u00e0 prendre soin de leur famille une fois rentr\u00e9es chez elles. Mais des solutions \u00e0 long terme sont \u00e9galement n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Cette pand\u00e9mie a mis en lumi\u00e8re l\u2019importance des services \u00e0 la personne, qu\u2019ils soient r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s ou non. Elle nous offre une occasion unique de donner la priorit\u00e9 aux investissements dans le secteur de la sant\u00e9 et des soins. Les politiques \u00e0 courte vue concernant la redistribution des activit\u00e9s de soins non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es entre hommes et femmes ainsi qu\u2019entre les familles et l\u2019Etat ne sont plus une solution viable ni durable.<\/p>\n<p>Si nous voulons parvenir \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 plus \u00e9quitable au sortir de cette crise, il faut que les femmes soient pleinement associ\u00e9es au processus consistant \u00e0 repenser et \u00e0 r\u00e9organiser le monde du travail dans la p\u00e9riode d\u2019apr\u00e8s-COVID-19.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.ilo.org\/global\/about-the-ilo\/newsroom\/news\/WCMS_741139\/lang--fr\/index.htm\">https:\/\/www.ilo.org\/global\/about-the-ilo\/newsroom\/news\/WCMS_741139\/lang&#8211;fr\/index.htm<\/a>l<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019\u00e9chelle mondiale, les femmes repr\u00e9sentent plus de 70 pour cent des travailleurs de la sant\u00e9, en particulier ceux qui travaillent dans les institutions de soins. 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